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Le corps et la matière. Félix Roulin à Louvain-la-Neuve

À l’occasion des 30 ans de la place Pierre de Coubertin, inaugurée en 1996 avec l'œuvre "Hommage au corps en douze fragments, attitudes et mouvements" par le sculpteur Félix Roulin, une exposition consacrée à l'artiste se déroulera à Louvain-La-Neuve du vendredi 3 juillet au samedi 3 octobre 2026. À cet égard, le Musée L fait écho à cette exposition en présentant deux œuvres complémentaires dans le forum. 


Né en 1931, Félix Roulin est l'auteur d'une œuvre colossale – plus de deux mille sculptures en septante ans – élaborée dans un dialogue ininterrompu avec la matière brute et le corps humain. L'exposition retrace les grandes directions de cette œuvre : de l'abstraction lyrique des années 1950 aux fragments de corps magnifiés par le bronze, des hommages à Homère et Baudelaire aux visions futuristes d'Hermès et d'Icare.


L'exposition se déploie sur quatre sites complémentaires, chacun éclairant une facette différente de l'œuvre.


Le Learning Center Christine de Pizan en constitue le noyau : sculptures, maquettes et documents y retracent les grandes étapes de sa longue carrière, de l'art sacré d'après-guerre à l'abstraction lyrique, des fragments de corps émergeant de la glaise aux dialogues avec la mythologie et l'histoire de l'art. C'est ici aussi que Félix Roulin réalisa sa Relecture du Laocoon, visible dans le patio extérieur jouxtant la salle d'exposition.


La place Pierre de Coubertin est le cœur monumental de l'exposition. Réalisé pour la faculté des sciences de la motricité, Hommage au corps en douze fragments, attitudes et mouvements, inauguré en 1996, déploie dans l'espace public une vision à la fois héroïque et intime du corps humain : des fragments de bronze, nus et anonymes, surgissent de leurs socles, saisis dans l'élan du mouvement comme autant d'instants suspendus dans la durée du bronze.


Le Musée L présente deux œuvres complémentaires : Silhouette, sculpture qui illustre son langage abstrait lyrique des années 1950-1960, et une estampe du Torse du Belvédère, témoignant du dialogue constant que Roulin entretient avec l'art antique et de son intérêt pour le fragment.


Le zoning industriel offre enfin une rencontre inattendue : depuis 1977, une colonne brisée émerge du sol, mêlant mémoire archaïque et paysage contemporain. Une œuvre à découvrir hors les murs, là où la sculpture rejoint le territoire.

 

Les œuvres présentées au musée

Les deux œuvres présentées au musée offrent un aperçu de son parcours artistique. Silhouette illustre son langage abstrait : un lyrisme formel s’exprime à travers la tôle, dont les traces de pliage conservent la mémoire du processus de création. Félix Roulin ira jusqu’à récupérer des résidus de cubilots – fours de fonderie industrielle –, fasciné par la puissance expressive brute de ce matériau, pour les intégrer dans sa démarche artistique.

L’estampe consacrée au Torse du Belvédère – célèbre sculpture antique fragmentaire représentant un corps – témoigne, quant à elle, du dialogue constant de l’artiste avec l’Antiquité ainsi que de son intérêt profond pour le fragment. À l’image du Torse du Belvédère que Michel-Ange refusait de restaurer, considérant que son pouvoir expressif demeurait intact malgré son état fragmentaire, Félix Roulin attribue au fragment, selon ses mots, « le maximum d’expression avec un minimum de surface ».

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Félix Roulin Le corps et la matière