Vous êtes ici

Objets mystères : les résultats du concours !

News

Proposé le 6 septembre 2015 pour le dernier jour d’ouverture du musée, situé place Blaise Pascal,  le concours "objets mystères" fut un véritable succès. Tout au long de l’après-midi, vous étiez plus de 50 participants à observer les trois objets, à réfléchir sur leur provenance, à partager vos réponses quant à leur utilité… à essayer d’en percer tous les mystères ! Voici enfin venu le moment des résultats…

Objet n°1

Votre imagination fut débordante et ce petit objet aurait pu vous dépanner pour un tas d’activités. Vous pensiez à un instrument chirurgical, un rasoir ou grattoir, un objet servant à ouvrir des caisses scellées, à soulever une plaque chaude d’un poêle  ou à graver, un outil de mesure ou de calibrage,  un chausse-pied, une gouge, un éplucheur de pommes de terre, un fer à cheveux, un cure-sabot pour animaux, un instrument de musique, une boucle de ceinture, un objet de parure, une règle et même la clef du paradis ou une guirlande pour ogre.

> C’est un strigile. Le strigile est un ustensile de toilette, apparu vers la fin du VIe siècle av. J.-C. et utilisé indifféremment par les Grecs, les Etrusques et les Romains. Il s'agit d'une lame métallique plate ou concave, toujours incurvée afin d'épouser les formes humaines. Il permettait de racler la poussière et l'huile mélangées sur leur peau. La panoplie des ustensiles utilisés pour la toilette chez les Étrusques comportait l'éponge, l'aryballe et le strigile. Plus tard, les Romains, qui ne connaissaient pas le savon et utilisaient de la soude, de la cendre et de l'huile, se raclaient la peau avec cet instrument pour la débarrasser des impuretés. Il était donc typiquement utilisé après un bain de vapeur aux thermes pour se nettoyer la peau. Il servait notamment aux athlètes pour se nettoyer le corps après les exercices sportifs de la palestre. L'utilisation du strigile avait inspiré à Lysippe sa statue de L'Apoxyomène (original de ~ 330, connu par une copie en marbre du Vatican, et une reconstitution en bronze, du Musée national de Varsovie).

Par extension, le strigile désigne, en archéologie, une cannelure au tracé sinueux en forme d'S, caractéristique de la production romaine et très utilisée, dans l'Antiquité, pour la décoration des sarcophages romains ou paléochrétiens.

 

Objet n°2

Certains d’entre vous croyaient découvrir un chapeau, une coiffe ou même une fronde. D’autres ont pensé à une ceinture mais quel était cet objet circulaire qui y était accroché? Une éponge pour se laver ou se masser le dos, un cache-sexe, un pare-choc, un objet pour tenir son partenaire à distance, moudre le café, un porte-bébé, un porte-épingles ou tout simplement un cache-nez pour très enrhumé... ?

Cet objet est resté pour beaucoup un mystère mais a inspiré un de nos visiteurs ; sa réponse était à portée de plume.... Voyez plutôt son schéma ci-dessous.

> Il s’agit en fait d’une ceinture africaine en raphia, probablement une ceinture « cache-fesses ». Au début du XXe siècle, ces caches-fesses nommés "Nekbe" ou "Negba", étaient portés par les femmes Mangbetu lors des danses cérémoniales. Les Mangbetu sont un peuple d'Afrique centrale présent dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Les femmes créaient une variété́ étonnante de dessins géométriques et symétriques. Le balancement des nekbe  était considéré comme attrayant, mettant en exergue les formes du corps féminin.

 

Objet n°3

A quoi donc peut servir une boîte qui ne s’ouvre pas et qui possède des trous ?

Est-ce un diffuseur de parfum, de chaleur, une tirelire, une boîte à musique, à vœux,  à grigri, une longue vue, un filtre à eau, un humidificateur, une urne funéraire, un brûleur d’encens, une boîte pour aiguiser les lames, attraper les moustiques ou sécher des graines ?

> La vérité est à trouver plutôt dans un repose-tête en porcelaine. Ce type d’objet était utilisé autrefois en Chine par les hommes et les femmes qui plaçaient un repose-tête en matière dure (métal, céramique, porcelaine, bambou, jade ou autre) sous leur cou lorsqu’ ils dormaient. Les repose-têtes servaient à maintenir en place les coiffures très sophistiquées qui n’étaient pas refaites tous les jours. Souvent faits sur mesure, ils épousaient parfaitement la nuque de leur propriétaire. Le modèle en porcelaine était le plus populaire. Un orifice sur la plupart de ces repose-têtes permettait de cacher des objets précieux ou de le remplir de fleurs ou de plantes médicinales choisies pour leur vertu apaisante voire curative. Certains étaient destinés à être placés sous les épaules, les bas ou les jambes. Ces objets sont apparus pour la première fois dans l’Empire durant la dynastie Sui tandis que sa production en masse a vu son apogée sous la dynastie des Tang (618-907). Sous les Song (960-1279), les formes de ces appuie-têtes dépendaient fortement de leur usage rituel : pour les morts ou pour les vivants. Son utilisation s’est particulièrement développée durant les dynasties Song, Jin et Yuan, entre les Xe et XIVe siècles.

Ils peuvent prendre des formes zoomorphes, anthropomorphes ou géométriques. Les décors sont variés, ils représentent les mœurs de la société ou les croyances populaires. On y retrouve des motifs aussi bien symboliques que purement artistiques. Les symboles floraux sont assez communs ; le pivoine est synonyme de la richesse et le lotus, de la noblesse.

 

Merci à tous et toutes pour ce formidable moment de découverte et d’amusement. Rendez-vous dans le nouveau musée pour d’autres explorations d’objets mystères !